Écrire notre propre conte détourné
Quelle organisation par période ?
Dès la première semaine d'école, j'ai présenté aux élèves le projet final. Je leur ai expliqué que nous allions travailler autour des contes toute l'année et que notre objectif serait de créer notre propre livre.
Mais il était inutile de leur demander immédiatement d'inventer une histoire : avant de devenir auteurs, il fallait d'abord devenir lecteurs de contes. La première période a donc surtout été consacrée à la découverte de cet univers. Nous avons lu, observé, comparé, écouté et découvert différentes caractéristiques des contes.
Puis, en deuxième période, nous avons commencé à imaginer et à écrire notre propre histoire. Le travail s'est poursuivi en troisième et quatrième périodes.
Et la cinquième période a été consacrée aux dernières modifications, aux relectures et aux finitions avant l'impression.
Un projet sur une année entière !

Un travail d'équipe
Notre projet réunissait deux classes : une classe de CP et une classe de CE1.
L'organisation était assez simple : chaque classe travaillait principalement sur un chapitre de l'histoire, qu'elle écrivait et illustrait.
Mais nous avions également des temps de travail communs. Nous pouvions nous retrouver à deux classes pour relire ce qui avait été écrit ; donner notre avis ; proposer des modifications ; réfléchir ensemble ; améliorer certaines parties de l'histoire. Les premier et dernier chapitres ont d'ailleurs été élaborés collectivement par les deux classes.
Et puis, soyons honnêtes : travailler en équipe, c'est souvent avoir plus d'idées ! Les enfants pouvaient également se donner des conseils sur les illustrations et partager leurs techniques.
La reprise des personnages traditionnels des contes
Notre bonhomme de pain d'épices, ou plutôt de chocolat par la suite, allait donc croiser notamment :
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le Petit Chaperon Rouge ;
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les Trois Petits Cochons ;
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Blanche-Neige ;
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Et les autres personnages rencontrés dans nos lectures (offertes ou approfondies en littérature).
L'idée était ainsi de réinvestir toute la culture littéraire construite pendant l'année.
Les enfants avaient des références communes, ils connaissaient les personnages et leurs caractéristiques… Il ne restait plus qu'à les faire entrer dans une nouvelle histoire !
Le petit bonhomme de pain d'épices
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Conte détourné choisi : Le petit bonhomme de pain d'épices (étudié en 2ème période).
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Pourquoi ? Il se prête particulièrement bien au détournement grâce à sa structure en randonnée et à ses nombreuses rencontres.
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Dans notre version, le Petit Bonhomme de pain d'épices allait rencontrer les différents personnages de contes que nous avions étudiés au cours de l'année.
Mais alors, qui écrit l'histoire ?
Comme vous l'aurez compris, nous avions donc choisi le conte à détourner en amont, adapté pour des enfants de CP-CE1, ainsi que plusieurs albums à lire dans l'année, afin qu'ils aient des références. Mais alors, est-ce vraiment un travail réalisé par les enfants ?
OUI ! Les rencontres entre les personnages, les dialogues, les lieux, les événements, le début, la fin… tout a été imaginé par les élèves.
Notre rôle d'enseignantes était de les guider, de leur poser des questions, de les aider à structurer leurs idées et de faire des choix cohérents avec le projet. Par exemple : Que pourrait-il arriver maintenant ? Quel personnage pourrait rencontrer le Petit Bonhomme de pain d'épices ? Que pourrait-il lui dire ? Où pourrait se dérouler cette rencontre ?
Les enfants proposaient leurs idées, les discutaient et faisaient des choix.
Et avec des élèves de CP, cela passe évidemment beaucoup par la dictée à l'adulte.
Les enfants me disaient précisément ce qu'ils voulaient voir apparaître dans le livre et je retranscrivais leurs paroles. Les CE1, eux, pouvaient progressivement prendre davantage en charge la partie écrite au fur et à mesure de l'année.
Un livre illustré par les enfants
Et pour les illustrations, même principe : ce sont les enfants qui ont tout réalisé. L'imprimerie nous fournissait les feuilles sur lesquelles nous devions réaliser les illustrations. Nous avons alors pu expérimenter énormément de techniques :
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dessin ;
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peinture ;
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collage ;
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calque ;
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assemblage de matériaux ;
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superposition ;
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travail sur différents support
Pour représenter, par exemple, la maison en paille des Trois Petits Cochons, nous avons utilisé… de la vraie paille ! Pour le bois, nous avons également utilisé du véritable bois.
L'objectif était de tester un maximum de matières et de supports pour donner du relief et de la richesse aux illustrations.
Bien sûr, il faut garder en tête que le rendu à l'impression est différent du rendu original, mais l'expérience artistique était extrêmement riche.
💡 Mon avis : un projet qui donne du sens aux apprentissages
Avec le recul, ce que j'ai particulièrement aimé dans ce projet, c'est que tout finissait par se rejoindre.
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Les contes lus en littérature devenaient des références pour notre histoire.
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Le vocabulaire découvert pendant les rituels pouvait être réutilisé.
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Les dessins à étapes nous permettaient de préparer les illustrations.
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Les séances de comparaison entre contes traditionnels et contes détournés nous donnaient les clés pour devenir à notre tour des auteurs.
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Les arts plastiques permettaient ensuite de donner une forme visuelle à notre histoire.
Et toutes ces petites activités réalisées au fil des mois avaient finalement un objectif commun : créer un véritable livre ; livre imprimé, relié et commandé par l'école pour chaque enfant à la fin de l'année.
Un livre que les enfants pouvaient regarder en disant : « C'est nous qui l'avons fait. » Et je crois que c'est finalement ce qui rend ce type de projet si motivant pour les élèves.